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Daily Sinath!
20. déc.
2013
Afrique
6

L’Afrique est le continent de demain : et après ?

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/06/06/04016-20110606ARTFIG00811-l-afrique-subsaharienne-continue-de-croitre.php
https://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/06/06/04016-20110606ARTFIG00811-l-afrique-subsaharienne-continue-de-croitre.php

L’Afrique est aujourd’hui le continent le plus convoité. Selon Afrique Renouveau, l’Afrique a la population la plus jeune du monde avec 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans.  Et cette croissance démographique va continuer de croître. La population en âge de travailler  » devrait exploser en nombre absolu, passant de 430 millions à 960 millions entre 2000 et 2030, pour dépasser celle de l’Inde dans les années suivantes », estiment Jean-Joseph Boillot et Stanislas Dembinski. Selon le FMI (Fonds monétaire international), 22 pays subsahariens atteindront à l’horizon 2015 un PIB par habitant suffisant pour voir s’y développer une consommation de masse  des produits étrangers. 

Devant ce flou de prévisions aussi positives les unes que les autres, on a tendance à oublier que toutes ces statistiques restent des possibilités qui peuvent se voir modifiés en fonction des aléas aussi bien politiques que sociétaux dans chaque pays. Des risques comme la stagnation de l’économie ou des problèmes budgétaires dans les pays existent bel et bien. Pour exemple, le rapport annuel du FMI, Perspectives de l’économie mondiale, a présenté une évaluation très encourageante de l’économie mondiale. Il prévoyait un produit intérieur brut annuel (PIB) d’environ 4,5 % bientôt. Cependant, le FMI a régulièrement revu ses projections économiques à la baisse. Les prévisions concernant la reprise économique de l’Inde, en forte baisse et qui tarde à rebondir, illustrent bien les limites de cette inondation de chiffres concernant l’Afrique dont nous sommes l’objet qui repose essentiellement sur des agents économiques très fluctuants.

Mais là n’est pas la problématique de cet article, mais soyons prudents face à tout ceci.

Au cours d’une discussion avec un proche à moi, ce dernier a attiré mon attention sur un point très important que vous n’ignorez pas, mais dont on parle très peu. J’ai donc décidé de réfléchir à la question.

Cette Afrique mirobolante va être dirigée par qui ? Qui sont ceux qui seront à la tête de ce continent plein de ressources, épargné par la crise économique et au taux de croissance le plus élevé. Qui sont ceux qui auront « la chance » d’être à la tête de cette dynamique d’importation que connaît l’Afrique actuellement ? Les Africains eux-mêmes ou vont-ils rater le coach une fois encore et se laisser dominer par les autres ? Rien n’est moins sûr…

Nous sommes à l’ère où l’Afrique est envahie de toutes parts et au cours de laquelle les intellectuels africains proposent même des solutions pour permettre à des investisseurs étrangers de mieux pénétrer ce marché où ils sont tous en pleine concurrence acharnée.

En effet, il est question de savoir comme il y a quelques siècles qui aura la plus grande part de marché sur le continent. Et les stratégies pour atteindre cet objectif ne sont pas des moindres. Récemment, je lisais dans un rapport, «  Les atouts de l’Hexagone sont nombreux. Ce que la France peut apporter au continent est considérable. Ce qu’elle peut en retirer l’est tout autant. » Peut-on être plus clair dans ces cas et nous dire ce que la France à travers Areva a apporté de « considérable » aux Nigériens depuis qu’elle exploite les ressources de leur pays ? La réponse à cette interrogation nous aiderait fortement à mieux comprendre ces nouveaux partenariats qui s’ils ne sont pas bien négociés ne profiteront qu’à une élite ou une classe privilégiée dans les pays concernés.

Il faut savoir que nous ne sommes pas dans un monde de bisournous et que les plus forts dévoreront les plus faibles. C’est la loi du marché…

La Chine et compagnie

Savez-vous que les Chinois  qui sont aujourd’hui les principaux maîtres d’ouvrages des grandes infrastructures en Afrique-qui surenchérissent les coûts des travaux au nom du partenariat avec les pays- apprennent les langues autochtones ? Nous refusons de croire que nos amis, les Chinois apprennent le fon ou le yoruba au Bénin par exemple pour se fondre dans la masse.

Les  Indiens, les Brésiliens, les Américains, les Turcs ont défini des stratégies africaines très claires qu’ils mettent méthodiquement en oeuvre. Ces derniers ont bien compris que pour avoir du pouvoir dans un avenir proche, il fallait prendre de la place en Afrique, ce continent qui regorge de ressources.  On distribue notamment de plus en plus de bourses d’études aux étudiants africains. Les Indiens exportent avec succès leurs films Bollywood un peu partout en Afrique  et s’appuient  sur un réseau d’Organisations non gouvernementales (ONG). Le chercheur Daya Thussu nous parle à ce sujet du « Soft Power » de l’Inde en Afrique. Les Etats-Unis ne sont pas en reste. Derrière les discours pro démocrates, ils prônent des partenariats gagnant-gagnant avec les Africains.

L’Agro-Business représente aussi un pan non négligeable de cette situation :

Pendant que les paysans peinent à s’investir pour différentes raisons notamment économiques, les terres africaines sont rachetées par des investisseurs étrangers.

Tout ceci n’étant pas à condamner puisque c’est la résultante de l’incapacité de chaque Etat africain à exploiter lui-même ses propres ressources.

Inversement des tendances

Les mouvements migratoires changent, les jeunes Espagnols vont de plus en plus en Afrique  et si cette tendance tend à se généraliser, elle aura certainement les mêmes conséquences que tout mouvement migratoire. Reconnaissons-le, c’est une belle bien revanche, mais voyons de plus près, si les emplois restent précaires aujourd’hui malgré la croissance de certains pays, qu’adviendrait-il avec un flux migratoire important soutenu par le clientélisme et les facteurs culturels qui pèsent encore dans certains pays ?

Enjeu important

Loin de prôner un protectionnisme absolu, mais visant sensiblement au changement de certaines « règles du jeu », nous refusons surtout tout déterminisme qui tend à dire que l’Afrique est le continent de demain sans prendre en compte tous les aspects notamment le plus important, celui de ceux qui vont diriger ce continent et pas seulement.

D’ailleurs, dans un classement récent, le Botswana était présenté comme le  pays africain le plus prospère. Mais comment apprécier cette situation alors que le Botswana traverse en ce moment une pénurie d’eau très forte.

Pour certains, « Avec la démocratisation et la stabilité, beaucoup d’Africains de la diaspora rentrent au bercail ». Ce qui n’est pas erroné, mais d’une part la démocratisation n’étant pas effective dans tous les pays, qu’en est-il des autres Africains de la diaspora? et d’autre part leur donne-t-on les moyens d’agir et de développer leurs compétences une fois rentrés comme ils l’auraient souhaité ? Et combien parmi eux, suite à des échecs renouvelés ne retournent pas d’où ils viennent pour soit se reconstruire là-bas ou repenser leurs stratégies ?

Il est clair également que la situation géopolitique très instable en Afrique risque de ralentir cette croissance dont parle tout le monde. Avec des dirigeants despotes ou les situations catastrophiques comme celles qui se déroulent aujourd’hui au Congo ou en Centrafrique cela ne favorisera certainement pas la croissance dans ces pays mouvementés. D’où une inégalité de la croissance puisque certains pays seront exclus.

Arrêtons de généraliser  

Evitons de parler de façon globale quand il s’agit de parler de la croissance en Afrique. Les réalités sont très injustes sur le continent. Le Nigeria, grand pays pétrolier ne partagera pas demain ses richesses avec le Bénin, pays  sans ressources minières. Il contribue certes fortement à l’économie de ce dernier. Chaque pays se construit en fonction de ses ressources. Il en est de même pour le Kenya qui connaît une dynamique prospère ces dernières années.

Il est bien trop facile de dire l’Afrique a le meilleur taux de croissance alors qu’on sait très bien que le Ghana évolue peut-être mais le Niger reste l’un des pays les plus pauvres au monde  et que très peu de choses changeront pour la majorité s’il n’y a pas une vraie refonte du système politique. Encore que, le fameux taux de croissance  sans développement a beau croître, le chômage flambe et les commerçantes se plaignent constamment.

Le but de cet article n’est pas d’éloigner tout espoir du continent, mais de vous permettre de saisir des enjeux. Car c’est avant tout les ressources du continent qui sont convoitées et il vaut mieux que les Africains se mettent à les exploiter au lieu de se ravir de l’arrivée d’investisseurs étrangers qui apportent des fonds certes, mais servent avant tout leurs intérêts économiques.

L’Afrique ne fera pas de miracle si les Africains ne se mettent pas à la tâche.

Le débat reste ouvert car même si nous souhaitons des pays mieux dirigés, il s’agit de se demander déjà comment mieux dirigés et que mettons-nous dans ce terme, quelles sont les priorités où nous serons tous unanimes.  

Il y a quelques mois, je disais avoir de la chance d’être africaine, aujourd’hui je ne sais pas si j’aurais la chance de travailler sur ce continent.

Les discussions doivent aussi se tourner vers ces enjeux-là. Certains l’ont  compris comme on peut le découvrir dans l’intervention de ce jeune entrepreneur africain.    

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15. déc.
2013
Sinathlafricaine
8

Entre Journalisme et Recherche…

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Que vais-je vous apporter dans cet article ? C’est assez bizarre mais c’est la question que je me pose. En effet, pour moi aujourd’hui, il serait inutile d’écrire sans être certaine que la lecture de ce texte vous apportera quelque chose.

Je ne sais pas si j’avais la même démarche systématiquement avant ma formation en recherche. Je ne pense pas. Le but était d’abord de poser entre les lignes des émotions.

Émotions, voilà un bien grand mot duquel je m’éloigne sérieusement dernièrement car j’ai compris une chose. L’émotion sans doute importante aussi fait de l’ombre à l’ « objectivité » si celle-ci existe bien sûr.

Apprenti journaliste, continuer à écrire comme avant quand on entame une formation en recherche est loin d’être chose aisée. Certains d’entre vous ne verront pas le lien entre ces deux situations et pourtant il existe bien et je pense même utile.

La recherche cette année m’a bouleversé, le moins que l’on puisse dire est que je m’y attendais pas du tout si déjà j’avais du mal à trouver mes marques au début de cette formation.

Mais aujourd’hui, rien n’est plus pareil, j’en ai peur certes mais c’est tant mieux !

Je m’en vais vous expliquer tout le processus que j’ai eu à mettre en place et qui m’a éloigné de mon blog pendant ces derniers mois.

Mettre de côté son à priori, faire fi de ses préjugés :

Quand on entame une formation en recherche comme ce fût le cas pour moi cette année, soit tu te laisses emporter par le virus de la recherche et tu n’en sors jamais. Tu découvres la construction d’un modèle, d’une théorie, la vie des grands auteurs, leur immense capacité d’analyse et tu commences à t’identifier à eux : imaginer une théorie, la reprendre, l’améliorer, l’abandonner.
Soit tous ces discours n’ont aucun effet sur toi et tu te dépêches de quitter le milieu à la prochaine occasion.

Mais pour ça, il faut être ouvert d’esprit et mettre de côté ce qu’on a pu considérer toute sa vie comme juste.

Pour une personnalité comme moi, ce n’est pas la chose la plus facile à faire mais je dois reconnaître que ce nouvel environnement m’a permis d’accueillir ces nouveaux savoirs et d’être fascinée…

Vous imaginez bien qu’apprendre qu’un fait relaté par un journaliste peut être  aussi contesté qu’un théorème anodin car « le fait » en soi est complexe à définir, déconstruit bien de valeur que vous accordez à ce métier.

Mieux, le plus difficile à accepter est de découvrir que le «noble » métier de journaliste est consciemment ou non acteur du système qu’il condamne.

Par exemple, la moitié des informations traitées par les médias proviennent des services de relations publiques de différents acteurs du système qui ont pour seul objectif de communiquer.

Autant de limites qui posent qu’on le veuille ou non quelques problèmes éthiques…

Valeur de mon ancien discours

Ensuite, vous vous rendez vite compte que ce que vous avez pu écrire ou dire ces dernières années est loin d’être aussi juste sous toutes les coutures, que cela devient fortement discutable et vous vous demandez quel sujet réexpliqué en premier aux lecteurs.

Mais la question qui vous pèse surtout est : vos lecteurs comprendront-ils ce nouveau langage ? Pas qu’ils condamneraient la remise en question mais étant en dehors de la recherche, comprendront-ils vos explications ?

Vous arrivez donc à vous demander s’ils comprendront vos articles.

Tenez, si je vous dis que la fracture numérique (terme que j’ai souvent utilisé sur ce blog) n’est peut-être qu’une représentation partielle puisque dans les pays du Sud, dits victimes de cette fracture, les populations développent des alternatives technologiques très innovantes et n’existant pas dans les milieux développés, qu’allez-vous en penser ?

La mise en question de mon travail m’a permis de mieux réfléchir sur mes motivations premières sur le type de texte que j’ai envie d’écrire.

La mise en cause permanente

La recherche est donc un outil de mise en cause permanente sans aboutir à de véritables solutions mais au moins à une prise de recul nécessaire face aux concepts que l’on pense maîtriser.

En un mot, rien n’est affirmatif. Il n’y a que des réflexions qui naissent. Qui servent à quoi ? A tenter d’expliquer et solutionner au plus près certaines situations.

Pour une passionnée de journalisme comme j’ai pu me décrire sur ce blog, vous remarquerez la difficulté mais aussi le choc des méthodes, sans parler de mon acclimatation lent dans mon nouveau cadre de vie et de ses réalités particulières. Au lieu de me ranger d’un côté de la balance, cela m’amène à chercher le juste milieu, à m’adapter coûte que coûte (le plus dur) et à chercher à comprendre les disparités dans la société actuelle.

La recherche qui intervient donc à point nommé pour ça exige de la patience, le journalisme, de la rapidité quelques fois. Je serai ni l’une, ni l’autre mais n’espérez plus de moi un article par semaine ou par mois. Désormais, je vous servirai le fruit de mes réflexions quand j’en aurais vérifié la validité et que je les jugerais assez mûres ou pas loin.

Cela pourrait paraître ennuyeux pour certains mais je tends vers quelque chose  d’assez diversifié et qui permet d’apprendre régulièrement de nouvelles choses. De se poser des questions et d’aider humblement  les gens à être moins passif par rapport à ce qu’on leur présente, à développer l’esprit critique.

Je suis consciente que tout ceci est vraisemblable (je m’étonne moi-même) mais que dire, j’ai envie de  «creuser».

Quant à vous, n’ayez pas peur de l’aventure, essayer des choses qui vous paraissent fascinantes sur le coup.

Vivez vos rêves ! « Il ne faut surtout pas hésiter à emprunter des chemins détournés, ni à saisir les opportunités qui se présentent. »

Vous n’avez pas l’âge des regrets, vous ne perdez donc rien..

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13. oct.
2013
Sinathlafricaine
6

Mohamed.Rencontre avec un immigré marocain

Trois jeunes migrants originaires d'Erythrée, rescapés du naufrage du 3 octobre au large de la petite île italienne, ne veulent pas être reconnus : ils ne souhaitent pas demander l'asile aux autorités italiennes, l'Italie n'est pas leur destination finale.Crédits : Olivier Jobard / MYOP pour Le Monde
Trois jeunes migrants originaires d’Erythrée, rescapés du naufrage du 3 octobre au large de la petite île italienne de Lampedsa.
Crédits : Olivier Jobard / MYOP pour Le Monde

Commençons par être sincère, j’en avais un peu assez d’entendre parler de cette actualité scandaleuse : le drame de Lampedusa sur toutes les chaînes d’infos ou sur les réseaux sociaux. Cependant, quel journaliste ne se réjouirait pas de discuter avec l’acteur principal d’un événement.

Vous l’avez compris, je suis tombée sur un immigré ! Coup du sort ou une actualité qui me poursuit tout simplement. J’ai rencontré tout à fait par hasard Mohamed -que j’ai nommé ainsi- puisque son français n’était pas très aisé pour que je déchiffre exactement son prénom.

Lyon 16 h 14, départ du train en partance pour Grenoble, j’essaye de finir inlassablement un bouquin qui a trop traîné sur ma table d’étude. Trois hommes d’origine arabe apparemment cherchent une place dans le train et s’avancent alors vers moi. L’un deux , Mohamed demande à s’asseoir à côté de moi.

Au moment où j’allais me replonger dans la lecture, le voilà qui me demande si je travaille en France ou si je suis étudiante. Sans même me laisser le temps de répondre à cette question , il m’apprend qu’il est marocain et qu’il est venu en France en bateau depuis seulement trois jours. A ce moment, je réalise que j’avais le sujet de mon prochain billet de blog. Je dépose alors mon bouquin pour en apprendre plus sur ce jeune homme.

Mohamed, jeune Marocain âgé de 25 ans a rejoint l’Espagne du Maroc  sur une embarcation de fortune avant d’entrer clandestinement en France. Il me confie que ce trajet sombre et effrayant qui l’a conduit en Espagne avec ses amis a duré plus de 10 heures. Depuis, il passe ses nuits dans les rues….

 

Mais pourquoi prendre un tel risque ?

Mohamed que je découvris bien intéressé par la suite me raconta qu’au Maroc , la richesse était très peu partagée.  « Le roi est le plus riche» dit-il et la plupart des jeunes avaient des emplois précaires.

«Au Maroc, je gagnais 50 euros et on m’a dit qu’ici je pourrais gagner dix fois plus».  

(Mais qui t’a fait une telle promesse et t’a fait miroiter cette image de l’Eldorado? ) Le passeur certainement…

Voulant mieux comprendre cette expérience de migration, je lui demandais s’il était au courant des Africains morts en voulant atteindre l’Italie.

Gêné et soulagé, il répondit par l’affirmatif.

Où sont les policiers?

Je sais ! Souhaiter la présence des forces de l’ordre n’est pas très conventionnel pour des immigrés sans papiers. Cependant, quand je pose la question à Mohamed à savoir s’il n’avait pas été repéré, il me confia qu’il y avait très peu de policiers à son arrivée en Espagne…Aller comprendre pourquoi ?

Il put alors filer en douce vers la France.

Les Français ont un coeur de pierre !

Rassurez-vous, ce n’est pas moi qui le pense, mais Mohamed.

Pendant qu’il m’explique son parcours, Mohamed me parle de ses difficultés depuis son arrivée. Il m’informe qu’il a demandé 4 euros aux voyageurs dans la gare pour se nourrir et que toutes les personnes lui répondaient qu’elles n’avaient pas d’argent. Réponse qui lui a fortement déplu. 

« Ici, ils ne font pas  la zakat  » conclut-il.

Pourquoi demander 4 euros? Je demande alors à Mohamed s’il avait au moins pris un billet pour monter dans ce train.

Naturellement non ! Clandestin jusqu’au bout, Mohamed avait pris tous les risques et espionnait à chaque minute le contrôleur du train.

Comment peut-on vivre avec la peur au ventre ?

Je vous épargne mes sempiternelles leçons de morale à l’endroit de Mohamed lui rappelant qu’il vaut mieux souffrir dans son pays que de vivre dans la clandestinité sous d’autres cieux.

Que vas-tu faire à Grenoble?

Chercher du travail répond Mohamed.

Un hypothétique travail que peinent à trouver ceux qui sont en situation régulière?

C’est déjà beaucoup mieux que d’où je viens, poursuit Mohamed…

Et dormir où? Dans les mosquées, s’il y en a…

Le moment où tout a basculé…

A mon insu, on était trois dans le train à vivre ce discours d’immigré au cours de la première heure du trajet.

Trois jeunes femmes à observer d’authentiques inconnus se glisser dans les toilettes quand le contrôleur s’approchait ou changer de wagon à chaque fois qu’ils sentaient un danger.

Mais le pire, c’est que ces inconnus avaient un objectif bien précis.

Nous amener à nous apitoyer sur leur sort et ainsi leur venir en aide ou mieux les ramener chez nous…

Une fois, la narration de son histoire finie,le voici qui me demande si j’étais mariée ? Quel âge avais-je? si je vivais seule à Grenoble?

Ne comprenant plus la tournure de cette discussion, je lui réponds bien gentiment que ces détails ne le regardent point, mais il poursuivait ces questions.

-Pourrais-tu m’aider à découvrir Grenoble? me lança-t-il.

-Je veux rester avec toi. J’ai peur a-t-il ajouté.

Stupéfaite et désarmée, j’hésite entre me demander si je dois toujours suivre mon instinct de journaliste qui me pousse à parler à un parfait inconnu ou faire comme si je n’avais rien entendu.

« Je ne vais pas retourner au Maroc. »  reprit-il souriant ou devrais-je dire ricanant pour répondre à ma dernière question.

Il est 17 heures, nous sommes au premier arrêt. Je suis malgré moi replongée dans mon bouquin.

Notre «fugitif immigré» tente d’aller dire un mot à ses deux autres amis dans le couloir. 

Je respire profondément. Je crois que je suis soulagée que cet homme se soit levé ne serait-ce qu’une seconde.

Je regarde autour de moi s’il est assez loin. 

Oui, il est descendu à l’arrêt juste avant la gare de Grenoble. Oppressé par le passage du contrôleur de train qui risque de mettre fin à son voyage à peine commencé je crois…

Je le regarde alors s’éloigner en me demandant combien de Mohamed il y a en France aujourd’hui et que font-ils?

J’ai pensé aux  plus de vingt mille morts qui ont tenté de traverser la Méditerranée.

Peut-on en vouloir à ces victimes qui n’ont même pas eu droit aux hommages de leur propre pays?

Qu’adviendrait-il de ces pays sans ressources humaines ou de ces destinations européennes envahies par des jeunes qui pratiquent  bon ou de mal gré des activités illicites pour s’en sortir ?

« Saurions-nous un jour donner le véritable espoir à la jeunesse de notre continent? »

Des questions éternellement sans réponse.

 

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25. sept.
2013
Sinathlafricaine
28

J’ai décidé de me rapprocher de mon rêve

Déjà un an ensemble !

Certains me connaissaient déjà sur mon premier blog (que je néglige énormément en ce moment), mais il y a un an d’autres me découvraient et ont appris à me connaître article après article sur Mondoblog. Ce beau projet dont je ne vais pas faire l’apologie aujourd’hui, mais grâce auquel cette année fut tout simplement extraordinaire. Pas seulement à cause des multiples opportunités que j’ai eu le courage de prendre, mais surtout parce qu’on y éprouve de la solidarité, de la fraternité, bref de l’attachement pour vous, chers lecteurs, mais aussi pour tous ces jeunes gens qui partagent la même passion que vous.

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Vous l’avez compris, cet article est très particulier. Aujourd’hui, je ne vous parlerai pas de mes déboires au Bénin, de politique nationale ou internationale, de numérique ou de jeux de la Francophonie (mon épisode préféré), mais d’un changement très important qui influencera toute la ligne éditoriale de ce blog.

Depuis quelques jours, je ressens comme un devoir de vous tenir informés, car cette aventure, on l’a commencé ensemble.

Pour commencer, j’ai eu du plaisir à vous faire vivre pendant toute cette année et presque 100 articles, mon quotidien au Bénin. J’ai ressenti par moment de la fierté, de la haine envers nos dirigeants, mais surtout de l’amour pour ce pays. Ces articles m’ont fait remporté bien de mérites, celui de femme leader béninoise désignée par l’Organisation internationale de la Francophonie ou encore ma sélection pour la formation Mondoblog à Dakar : un moment fort de mon existence.

 

Ma passion pour le journalisme m’a fait faire bien des sacrifices, mais le risque en a valu la peine. Merci à Mondoblog !

Au cours de cette belle année, j’ai donc rencontré des personnes formidables et le blog a atteint de belles performances au niveau statistiques. Je me refuse souvent à regarder les chiffres, mais pour une fois, je suis vraiment heureuse d’être lue de partout sur la planète avec des reconnaissances très sympathiques. France 24, RFI, Le Monde, L’Express, Global Voices, Vox Africa, Afrikarchi, Africaweblab, WomenandAfrica, OIF et bien d’autres ont à un moment ou à un autre relayé ou publié l’un de mes articles. D’agréables moments de joie qui vous font oublier bien vite toutes les difficultés que vous pouvez rencontrer dans ce milieu.

A présent, une page se tourne !  

On dit qu’une vie humaine se motive par le besoin de rendre encore plus fiers les siens et de vivre son rêve. Alors, j’ai décidé de me rapprocher un peu plus du mien et de le vivre pleinement (même si je laisse derrière moi des êtres chers et des blessures… ).

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Ainsi, au cours des prochaines années, j’écrirai mes billets de blogs depuis Grenoble en France où j’étudie en ce moment avec enthousiasme et réalisme, les sciences de  l’information et de la communication en second cycle.

Quel avenir pour ce blog ?

Cette question, je me la pose depuis plusieurs semaines déjà. Aujourd’hui encore, je ne saurais vous donner une réponse exhaustive. Malgré mon attachement à mon pays, il me serait assez difficile de continuer à vous abreuver de la vie béninoise. D’ailleurs, avec plusieurs autres amis, je coordonne à présent une plateforme où vous pourrez toujours lire des articles intéressants de jeunes blogueurs sur l’actualité béninoise que nous accompagnons. C’est un peu ma manière à moi d’aider et d’entretenir le journalisme participatif au Bénin. (Nous en sommes encore au début, mais nous progresserons !)

Aussi, je lancerai bientôt mon site internet personnel qui sera avant tout un lieu où vous pouvez retrouver tous mes articles mis en ligne. Ceci afin de centraliser les choses.

Pour ce qui concerne Daily Sinath, j’aimerais bien vous faire découvrir ma vie à Grenoble, mes rencontres et certainement poursuivre des critiques objectives de l’actualité au pays. Les différentes cultures qui s’entremêlent ici m’interpellent également.

Au-delà de tout ça, je pense aussi à la possibilité de faire de ce blog, un espace littéraire. Plusieurs questions se bousculent dans mon esprit et vos suggestions sont vivement souhaitées.

Je reste très ouverte, n’hésitez donc pas à laisser vos propositions en commentaires.

Certains lecteurs m’ont confié leurs craintes, mais je vous rassure, ce que je partage avec vous est  très fort et je suis certaine qu’ensemble, on relèvera bien de défis.

Le meilleur reste à venir… Ce serait bête de s’arrêter ainsi.

En définitive, je pense que ce morceau de Zaho résume bien tout ceci !  » Je laisse ma plume me porter…. »

Sinathlafricaine !

 

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22. sept.
2013
Plume du Bénin
1

Enquête après le drame de Porto-Novo : Comment vont nos infrastructures routières ?

Minibus écroulé dans la lagune de Porto-Novo
Minibus écroulé dans la lagune de Porto-Novo.

Suite à l’accident de Porto-Novo survenu le 30 juin 2013 sur le pont de la ville, bien de Béninois se sont posés la question de savoir quelles sont les causes du drame. Vétusté du pont ou imprudence du conducteur, beaucoup se sont plus penchés sur la première position. Nous avons mené l’enquête …

 

Dimanche 30 juin, un minibus s’écroulait dans la lagune de Porto-Novo.  Bilan du drame : pas connu…

Juste deux corps retrouvés après les fouilles.

Comme explication, la population n’a eu droit qu’à des « suppositions ».

Aucun expert n’a réagi pour éclairer les lanternes des populations. Aucune enquête n’a été ouverte pour situer les responsabilités.

Ce drame a ouvert un débat sur l’entretien effectif de nos infrastructures routières en général.

Chimène habite Akpakpa, mais bouge régulièrement du côté de Porto-Novo donc a souvent emprunté le seul pont qui donne accès à la ville. Pour elle, même si la responsabilité du conducteur est remise en cause, l’état du pont y ait pour quelque chose. « C’est vrai que le conducteur à une part de responsabilité, mais il y a aussi l’état de l’infrastructure. Les garde-corps sont très vieux et pas du tout solides. S’ils étaient au moins en bon état, ils auraient pu empêcher le véhicule de se retrouver dans la lagune », affirme-t-elle.

Pour d’autres usagers, les piliers des ponts s’usent et les rails se dégradent, pourtant nous avons très peu de circulation de trains.

A tort ou à raison nombreux sont les citoyens usagers qui ont pensé comme Chimène. Tous accusaient les autorités compétentes du domaine pour n’avoir pas assuré la sécurité des usagers et prévu ce drame en entretenant l’infrastructure ne serait ce que les garde-corps.  A commencer par le maire de Porto-Novo qui une fois sur les lieux du drame avait confié à la presse que la mairie avait plusieurs fois demandé un audit de ce pont.

Il s’était aussi exaspéré face du fait que la ville capitale ne soit reliée au reste du pays que par un seul pont. « Imaginez que l’incident soit plus grave, Porto-Novo serait coupé du reste du monde », avait-il affirmé.

Les explications de l’administration publique

Selon des chiffres au niveau de la Direction des Travaux publics l’état des infrastructures routières en est pour moins parmi les causes d’un accident, il est généralement d’ordre de 12 % lors de la survenue d’un accident.  « Il existe trois facteurs responsables d’un éventuel accident. Bien sûr l’état des infrastructures, du véhicule et de l’humain. C’est-à-dire la personne responsable de la conduite. Le plus souvent, la plus grande part de responsabilité tourne autour de ce troisième facteur, l’humain », nous explique Lucien Houssa ingénieur des Travaux publics (TP) au niveau de la Direction générale des Travaux publics (DGTP). 

« Evidemment, le conducteur doit adapter sa  vitesse à l’état de la voie. Pour ce qui est de l’incident de Porto-Novo, l’on ne va pas incriminer l’état du pont. Le conducteur du minibus était en excès de vitesse. Et ce n’est pas parce qu’il y a un accident sur un pont ou qu’un train déraille que l’on va remettre en cause sa fiabilité sa résistance. Le pont de Port-Novo c’est environ 12 000 véhicules par jour et depuis bien des années, voyez-vous ! »

Au  Bénin, les infrastructures routières ne font souvent pas l’objet d’entretiens réguliers. Nous avons l’exemple de l’axe Akassato-Bohicon. « Que les autorités entretiennent les infrastructures ou pas, je m’en moque. Ce qui peut me déranger moi, c’est peut-être la route Akassato-Bohicon parce que cela m’empêche d’aller vers le nord », nous confie un cadre du ministère de la Famille.

Cependant il est bien sûr légitime pour les citoyens de se questionner après l’accident de Porto-Novo sur l’entretien de nos ponts. Est-ce que l’on n’aurait pas pu éviter le drame si ces garde-corps étaient résistants ? Est-ce que l’on peut avoir confiance en nos  trois ponts de Cotonou ? Du moins les deux premiers : l’ancien pont construit en 1930 et le nouveau pont achevé au début des années 1980.

« Les garde-corps ne sont pas faits pour des chocs semblables à la projection d’un minibus sur ces derniers. Ils n’y résisteront pas. Et dans aucun pays au monde vous ne verrez des garde-corps installés pour ces genres de situation. Ils sont faits juste pour la sécurité des piétons », explique Albert Avocegamon, Directeur des entretiens routiers (DER) au niveau de la DGTP.

Pour ce dernier, si les garde-corps retenaient les véhicules, ceci provoquerait inéluctablement d’autres accidents.  

«  Pour ce qui est de l’entretien et du suivi de nos infrastructures routières nous faisons avec les ressources dont nous disposons. Il faut dire qu’il existe des structures et services. D’abord au niveau national (la Direction des entretiens routiers), mais aussi au niveau départemental où nous avons de structures pour s’occuper des infrastructures au niveau de chaque département. Il existe un fonds destiné à l’entretien des infrastructures. Mais les ressources sont limitées. Il  est très difficile de faire à chaque fois des suivis réguliers ». Henri Doutetien, ingénieur expert en travaux publics et Directeur général du cabinet ETRICO spécialisé en ingénierie-conseil, ira plus loin : « L’entretien régulier d’un pont est pratiquement nul. Un pont est construit pour durer tout au moins 100 ans. On peut l’ausculter ou faire des études pour voir s’il est toujours résistant ou s’il est toujours dans les normes. A la limite faire une surveillance pour voir s’il y a des effritements dus à des accidents ou à un quelconque incident. Les garde-corps ont besoin d’être badigeonnés. II faut faire une lutte antirouille en sachant  bien sûr qu’ils sont présents pour la sécurité des piétons et non des moteurs.  Mais rien de plus. Mieux si c’est en aluminium avec système composite comme Porto-Novo, il n’y a rien à faire ».

A l’exception des routes qui, elles, doivent bénéficier de beaucoup plus d’attention « une couche complète  de goudron tous les cinq ans à cause de l’eau ». Précaution qui n’est bien sûr pas prise par les autorités béninoises.

Henri Doutetien s’est aussi penché sur les besoins de rénovation d’un pont. Mais rénovation ne serait pas le mot qu’il utiliserait. « Rénovation non ! On ne doit la construction d’un  nouveau pont qu’à un besoin de nécessité de trafic. L’on ne construit pas un pont par plaisir. C’est quand l’on voit que le trafic est dense, qu’il est bouché que l’on décide de réaliser un nouveau pont juste pour décongestionner le précédent. C’est ce qui peut expliquer la présence de plusieurs ponts dans une même ville ».

Comme Cotonou aujourd’hui qui en a déjà trois et qui devrait en avoir un quatrième.

Aujourd’hui, les glissières sur le pont de Porto-Novo ont été réparées, mais l’insécurité sur nos routes reste un problème crucial.

Quelle leçon avons-nous retenue de ce drame ? Pourquoi les conducteurs de bus en commun ne sont pas enregistrés auprès d’un organe et sensibilisés sur les dangers de la route tels que l’abus d’alcool au volant ?

Pourquoi la plus grande route en direction de Porto-Novo après le carrefour Sèmè reste encore sans éclairage la nuit malgré la présence vérifiée de bandits sur cette voie.

Plusieurs questions restent sans réponses !

Alors même si les autorités n’en sont pas pour beaucoup dans le drame de Porto-Novo, plusieurs faits peuvent leur être imputés.

Enquête réalisée avec Herman BOKO.

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16. sept.
2013
Jeux de la Francophonie Nice 2013
2

Mes jeux de la Francophonie : rencontre avec Clément Duhaime, administrateur de l’OIF

Clap de fin! C’est fait! Le rideau est tombé hier à 18 h au stade Charles-Erhmann de Nice sur les Jeux de la Francophonie 2013.

Dans une ambiance festive et pleine de convivialité, après le passage des bénévoles et des différentes délégations participantes, l’émotion était de mise lors de la cérémonie de passation de drapeau entre la ville de Nice et la Côte d’Ivoire.

Après la première partie de soirée, place à la fête au cours de laquelle différents artistes  tels que Jean Jean Roosevelt, Dédé Saint-Prix, ont enflammé la scène.

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Cette semaine magnifique que j’ai vécue grâce à RFI Mondoblog et à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui m’ont invitée sur les lieux se termine alors en beauté.

Je m’en voudrais si je ne remerciais pas chaleureusement le personnel de ces deux organismes en général et Raphael Moreau, Ziad Maalouf, Raphaelle Constant, Yvan Amar, Virginie Aubin-Dubille, Isabelle Finkelstein en particulier qui ont été là du début à la fin.

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Je pars de Nice avec de beaux moments qui resteront gravés dans ma mémoire.

Et au nombre de ces moments forts finaux, ma rencontre avec Clément Duhaime, administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Cette interview que le numéro 2 de cette grande organisation a bien voulu nous accorder était portée sur les actions de la Francophonie en Afrique et sur son bilan personnel des 7e Jjeux de la Francophonie.

Je vous propose d’écouter l’intégralité de l’échange ici.

En outre,voici quelques points forts de notre conversation:

Sinatou Saka: En parlant d’impact de la Francophonie, quel est l’impact de cette organisation en Afrique?

Clément Duhaime : Effectivement, vous devrez constater que votre continent est le plus jeune du monde. Et c’est ce continent qui a pour la francophonie, le plus d’importance. Encore plus que par le passé parce que notre avenir va se jouer là. L’avenir de la francophonie va se jouer sur le continent africain à cause de la démographie mais à cause aussi du défi considérable que représente la réussite de l’éducation et de la scolarisation et également du fait que la langue française permet un accès à l’universel. Elle permet l’accès à des réseaux internationaux. 

Le Continent africain était là au départ.  Je le rappelle souvent, la Francophonie est née en Afrique. Elle n’est pas née au Nord, en occident. Elle est née sur le continent africain de la volonté de chefs d’Etats africains qui ont voulu ce regroupement. Et aujourd’hui, l’Afrique est toujours notre zone prioritaire d’intervention même si on intervient partout.

Sinatou Saka: Ces interventions peuvent être classées dans quels domaines?

Clément Duhaime: On a avec le temps, recentrer autour de 4 grands axes nos actions: Paix, Démocratie et Droits de l’homme, Renforcement et Prévention des crises, Accompagnement des sorties de crises que nous faisons présentement avec l’ Egypte et la  Guinée pour des élections législatives rapides. Aussi avec le Mali où nous avons été très présent. Le pilier très important qui est celui de la langue évidemment française et de la diversité des cultures avec toutes nos actions en faveur des cultures et de la promotion de la langue française. Le pilier aussi du développement durable avec toutes les questions d’énergies, d’environnement qui est extrêmement important avec notre institut au Quebec qui est dirigé d’ailleurs par une femme du continent, Madame Touré qui vient du Sénégal et qui dirige admirablement bien cet institut. La dimension économique aussi qui est très importante et vous avez des axes qui couvrent tous les secteurs: les jeunes, la conditions des femmes. Pour permettre aux femmes de se regrouper en réseau pour défendre leurs droits et aller vers l’égalité hommes-femmes. Et enfin, la question des nouvelles technologies, la révolution numérique qui est entrain de bousculer tous nos programmes d’actions parce qu’on y voit un avantage, un outil qui va nous permettre de faire des progrès considérables.

Sinatou Saka: L’Afrique étant majoritaire au sein de la Francophonie, quelles sont les actions à son actif et à son initiative pour promouvoir celle-ci?

Clément Duhaime: Notre action sur le continent s’est très bien développée. Les centres de lecture et d’animation en milieu rural. La majorité, on en a 300 dans 19 pays mais la plupart sont sur le continent. L’accompagnement pour le numérique. Que ce soit au Tchad où on envoie dans les prochains mois une mission de très haut niveau pour accompagner le Tchad qui souhaite devenir en Afrique un des pôles de développement pour les nouvelles technologies. Donc ce sont des initiatives africaines qu’on accompagne fortement. Nous sommes au service des Etats membres. La majorité de nos jeunes volontaires par exemple viennent d’Afrique et vont apporter leurs expertises en Asie, en Amérique,en  Europe.

Sinatou Saka: Parlons à présent des jeux de la Francophonie, quelles sont les innovations de la présente édition et quel était le défi à relever.

Clément Duhaime: Le défi tout d’abord c’était celui de réussir aussi bien que Beyrouth parce que les jeux de Beyrouth avaient été une très grande réussite dans un contexte difficile et le Liban avait remarquablement bien relevé ce défi. L’Etat Français avait vu comment les jeux s’étaient déroulé et l’objectif c’était effectivement de grimper plus haut. Je pense qu’on fera le bilan les prochaines semaines mais déjà, on peut constater que ces jeux sont réussis, ils se sont bien déroulés. Il y a certainement des améliorations qu’on peut apporter comme dans toute initiative. On peut faire mieux encore.

Les ivoiriens ont été là durant toute la période des jeux, ils ont examiné, ils ont vu et ils feront avec leurs originalités, avec leurs personnalités de cette grande fête de la jeunesse, un événement réussi.

Sinatou Saka: Quel commentaire vous inspire, la disparition de certains athlètes africains?

Clément Duhaime: Il y en a toujours lors de toutes les manifestations sportives et culturelles. Vous avez des jeunes qui malheureusement pensent que leurs vies seront meilleures  ailleurs. Dans 20 ans, ce sera peut-être le phénomène inverse. Ce sont peut-être les délégations d’autres pays qui viendront en Afrique et qui justement voudront rester. C’est ce qu’il faut souhaiter. C’est la situation économique qui est à l’origine. C’est le rêve de se dire, » je ne peux pas réussir là où je suis, je vais réussir mieux… ». Comment va-t-on résoudre ça? Parce qu’il ne faut surtout pas empêcher la mobilité. Ce serait catastrophique. La force de la Francophonie, c’est de permettre à tous nos jeunes, de circuler, de se rencontrer sinon, on ne formera pas une famille. La seule solution, c’est donc le développement. Plus, on va accompagner le développement économique de l’Afrique pour que la richesse soit répartie, pour que tous profitent des fruits de la croissance, moins on aura ce phénomène. On aura le phénomène inverse. Il faut donc affronter cette donnée qui est reliée à la crise économique.

Sinatou Saka: Quels sont les chantiers d’avenir de l’OIF?

Clément Duhaime: Le Secrétaire Général aura l’année prochaine à dévoiler lors du Sommet de Dakar, en terminant son mandat, un nouveau plan d’action pour la période qui suivra: 2015-2018. Nous sommes entrain de revoir l’ensemble de nos dispositifs. Une nouveauté qu’on annoncera dans les prochains mois, c’est par exemple qu’en ce qui concerne , les jeux de la francophonie, nous allons dorénavant accompagner les lauréats dans les manifestations internationales par du parrainage notamment. La relance des marchés des arts africains est une nouvelle initiative et nous sommes entrain de voir avec le numérique, dans le domaine de la formation professionnelle, comment faire mieux en utilisant ces outils parce que maintenant il y a 6 milliards de téléphones mobiles dans le monde et votre génération est entrain là aussi de faire une autre révolution: C’est qu’elle utilise facilement ces outils. Les instructions qu’on a c’est prioriser les jeunes et les femmes.

Sinatou Saka: Votre Mot de fin

Clément Duhaime: Je vous remercie parce que ce que vous faites est très important et je vais remercier à travers vous justement, les jeunes qui s’engagent à construire, à entreprendre, à développer. N’hésitez-pas à nous donner de vos idées, adressez-vous à la jeunesse du monde francophone et à la jeunesse africaine pour nous dire où la Francophonie peut être encore plus à leurs côtés pour leur permettre de réussir dans la vie.

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Retrouvez la biographie de ce grand homme.

Vivement Abidjan 2017!

 

 

 

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14. sept.
2013
Jeux de la Francophonie Nice 2013
2

Nice 2013: Mes nuits francophones

Juste avant le dernier billet en direct de la Côte d’Azur (eh oui! les jeux sont presque finis malheureusement), je vous emmène au travers de mes virées nocturnes dans la belle citée du sud. En effet, pour suivre successivement les finales des épreuves de chanson et de danse, j’étais le jeudi et le vendredi dernier respectivement à l’Opéra et au théâtre National de Nice.

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

Commençons d’abord par l’Opéra…

Jeudi 12 Septembre, il est presque 21 heures et je dois me rendre à l’Opéra. Curieuse et très heureuse de découvrir ce lieu que j’ai toujours imaginé dans mon esprit à travers mes lectures ou aperçu dans les films, je m’empressais d’assister donc au spectacle où je fus installé très vite par les ravissantes hôtesses.

Salle somptueuse, lumière magique, ambiance sobre, l’Opéra était mieux que dans mes rêves.

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Toute suite émerveillée, à peine je me remettais de mes émotions que la chanteuse libanaise fût son entrée sur la scène.

Avec sa voix hors norme et sa technique vocale bien ficelée, la belle chanteuse emporta dans son pays effrayé toute l’assistance.

Et si certains lui donnaient déjà la médaille d’or, le chanteur haïtien viendra bouleverser tous les pronostics.

Avec son air timide , le jeune Jean Jean Roosevelt a complètement enflammé la salle. Et si certains spectateurs n’hésitaient pas à se lever de leurs sièges pour esquisser quelques pas de danses, la plupart avait envie de monter sur scène pour danser avec lui.

JJR

Il nous a parlé d’amour, de paix, bref il nous a touché et nous a pénétré au plus profond de notre âme.

Mais trêve de compliment pour le bel haïtien  médaillé d’Or de ses jeux, place à la chanteuse burkinabé qui elle aussi de part son originalité a fait vibrer l’Opéra de Nice.

Marietou Ouedraogo
Marietou Ouedraogo

Toute petite dans sa tenue traditionnelle, la belle Marietou Ouedraogo, nous a fait découvrir les rythmes, danses et musiques de son pays natal.

Même si elle faisait partie de mes chouchous de la soirée, elle n’a remporté aucune médaille. Ce qui n’est pas grave. Elle a donné un show extraordinaire et a une belle carrière devant elle.

A présent ,et si on dansait…

Le périple niçois continue. Vendredi, j’étais au théâtre national pour…danser ou devrais-je dire apprécier les meilleurs danseurs de la planète francophone.

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

Mais ce n’était pas seulement de la danse, ici il est question de danse de création!

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

Pour ceux qui ne comprennent toujours pas, c’est un cheminement nécessaire d’un sujet ou d’un groupe pour aboutir à une production artistique. 

Cependant, fâcheusement pour moi, venue « en retard », j’ai raté la première prestation. C’était celle du Burkina Faso.

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

Apparemment très touchante puisque les spectateurs en avaient presque les larmes aux yeux.

Bon puisque je n’ai pas suivi ce beau tableau, passons.

Les canadiens étaient les suivants sur la liste.

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

Et vu que  ces derniers nous ont habitué depuis le début des jeux aux médailles, on s’attendait bien à un excellent travail.

Nous n’avons pas été déçus naturellement. Mélange de légèreté et de précision, le tableau canadien dans un style très classique nous a illustré les conflits entre personnes censés travailler ensemble.

Ces rapports à travers cette danse était accablants mais surtout très touchants. Les canadiens nous ont fait rêvé et nous ont donné une belle leçon de vie.

Sans revenir sur la France qui unanimement a été beaucoup trop parfaite et le Cameroun, vainqueur de cette épreuve avec du grand art, je voudrais revenir sur l’équipe ivoirienne, mon coup de coeur de cette soirée.

Je ne vais pas le cacher, je suis un peu déçue que ses filles qui représentaient la Côte d’Ivoire ne soit pas sur le podium. Elles étaient belles, droites, performantes et surtout originales. Elles nous ont emmené en Afrique où sorcellerie, jalousie, peines, misère et solidarité sont le lot quotidien des populations.

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

Personnellement,j’ai été séduite par cette créativité et l’innovation avec laquelle , leurs corps dans un silence nocturne nous bousculaient autant.

Cependant, le gagnant, il n’y en a qu’un seul! Félicitation au Cameroun.

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

 

 

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12. sept.
2013
Jeux de la Francophonie Nice 2013
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Les enfants niçois passent le flambeau des Jeux à la Côte d’Ivoire

Maurice Kouakou BANDAMAN, Ministre de la Culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire a reçu, ce jeudi  12 septembre 2013 à l’école élémentaire du Port de Nice, un présent des mains des enfants pour symboliser la solidarité francophone et le passage de flambeau de la ville niçoise à la ville d’Abidjan qui accueillera les jeux de la francophonie en 2017.

Crédit: Sinatou Saka
Crédit: Sinatou Saka

Ce moment particulier et  riche a été l’occasion de souligner le lien fort qui unit les deux continents et l’effort des acteurs de ces derniers à cohabiter ensemble pour faire briller la Francophonie à travers l’amitié entre les peuples. Le Ministre   a exprimé son attachement aux enfants  et a rappelé que cette belle oeuvre symbolisait l’espoir en un avenir meilleur .

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

Le Directeur de l’école a présenté le travail des enfants à l’occasion de la francophonie. Il a notamment réaffirmé que c’était un travail qui a été fait sur le thème de la diversité, de l’acceptation de l’autre dans le monde francophone et entre tous les locuteurs français.

Le Ministre en compagnie des officiels français et du Directeur de l'école Photo: Sinatou Saka
Le Ministre en compagnie des officiels français et du Directeur de l’école Photo: Sinatou Saka
Le Ministre dédicace un livre aux enfants Photo: Sinatou Saka
Le Ministre dédicace un livre aux enfants Photo: Sinatou Saka

 

 

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12. sept.
2013
Jeux de la Francophonie Nice 2013
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Littérature: « Mon amour littéraire a commencé très jeune »

Sublimé : « Processus par lequel la pulsion déplace son but initial vers un autre but, visant des objets socialement valorisés »…Vous l’avez compris, hier, j’étais à l’épreuve de littérature qui se déroulait à la bibliothèque Louis-Nucéra de Nice.

En réalité, j’avais un peu peur d’assister à cette épreuve, pas seulement parce que les jeux de la francophonie se passe essentiellement dans cette salle silencieuse où dansent les mots mais parce que les lettres ont l’habitude de me « tuer de plaisir ».

Et cet assassinat a bien eu lieu au cours de ces deux heures pendant lesquels canadiens, suisse, tchadiens, sénégalais et même vanuatais nous ont fait partager joies, peines, douleurs et craintes de pays très lointains.

Rosine Kakou! Photo: Sinatou Saka
Rosine Kakou! Photo: Sinatou Saka
Sinatou Saka et Rosine Kakou
Sinatou Saka et Rosine Kakou

Entretien avec Rosine KAKOU(CI), passionnée par l’écriture depuis l’enfance et médaillée de bronze de cette épreuve de littérature.

Alors même si tout a été dit ou écrit dans ce monde, les jardiniers de la langue française continueront de l’arroser à leur façon, avec subtilité, aussi intensément comme s’ils avaient peur de perdre leur propre âme.

Ce n’était donc pas un concours mais une chaleureuse rencontre d’amoureux du Français.

 

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Quotidien d'une jeune femme Africaine...

Auteur·e

L'auteur: Sinatou SAKA
Passionnée de journalisme, infojunkie, webaddict, abusivement panafricaine sur les bords et twitteuse folle;)

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