2 avril 2013 - sinathlafricaine

Addict d’Internet, j’ai décroché !

overdose-internet

Vous savez à un moment ou à un autre de notre vie, on prend des décisions importantes, surtout quand on est conscient des conséquences de nos actes.

Vous vous demandez certainement où je veux en venir. Alors, je vais vous dire, j’ai pris une décision importante. J’ai décidé de me soigner après une overdose d’internet. Étonnant n’est-ce pas ? Mais vrai ! J’étais devenue aussi dépendante d’internet que les accros au tabac et heureusement… J’en étais consciente ! Car le coté pervers de cette addiction c’est que pour exister sur la Toile, vous devrez être connecté en permanence. Internet vous dicte sa loi et vous intoxique à petit coup !

Alors j’ai décidé de décrocher, une heure, deux heures, un jour, un week-end entier.

Mais pour une première fois c’était juste un essai. J’avais envie de me prouver quelque chose à moi-même et peut être bien aux autres.

Quand j’ai pris cette décision, mes proches se sont automatiquement moqués de moi. « Vraiment ? Sinath se déconnecter un week-end, c’est impossible ! » Et je dois vous l’avouer, j’y croyais pas non plus, j’appréhendais énormément, m’inventais des risques incroyables de cette déconnexion mais de force, j’ai entamé ma désintox internet et c’était à la fois enrichissant et terrifiant…

On y croit pas forcément mais comme beaucoup d’addiction, Internet en était un et le mien. Quand vous réalisez que vous vivez plus dans le virtuel que dans le réel, commencez à vous poser des questions.

Ceux qui me connaissent disent de moi que si je ne suis pas entre deux tweets, je suis toujours entre deux billets de blogs. Vous y comprenez quelque chose ?

Je vous explique. Au-delà du fait que sur Internet, je travaille également, je  me balade sur la toile à des heures indues plutôt que de dormir le soir ou d’aller prendre mon déjeuner.  Car ce qui est extraordinaire avec internet c’est que vous rencontrez des gens qui sont exactement comme vous.

Je ne me tuais pas à expliquer mon travail de journaliste web ou de community manager, je ne m’efforçais  pas à être une autre personne, je rencontrais de nouvelles personnalités, des personnages qui partageais la même passion que moi. Et le plus important, ce n’était pas eux ou moi, mais ce qu’on partageait…

 Je ne cherchais pas à me créer une super réputation mais plutôt à rencontrer des gens pour m’aider à aller au bout de mes rêves. Et ces gens-là sur Internet, ils étaient tout le temps disponibles, un peu comme dans une vie parfaite où tout le monde vous comprend. J’étais là quand ils allaient bien ou mal et vice versa. On savourait réussites et échecs, bonheur ou peines. On était devenu si proches que leur présence me réconfortait et je n’envisageais pas m’en séparer.

Sur Twitter, je discutais avec plusieurs personnes  et quand l’une ne répondait pas, j’étais très vite absorbée par beaucoup d’autres. Mes notifications de messages m’obsédaient. Et pour identifier les personnes que je rencontrais dans la vie réelle, j’allais tout simplement voir leur profil sur Facebook. Plus simple et efficace qu’un curriculum vitae. C’était devenu un réflexe quasi instantané. Je comprenais les personnes à des milliers de kilomètres de moi et j’en faisais mes meilleurs amis ou plus…

Quand je devais me déplacer, je ne me demandais pas s’il y avait de l’eau où j’allais mais s’il y avait plutôt une connexion Internet et cette question me stressait énormément.

Avant Internet, j’étais une autre personne, pendant Internet, je suis devenu une autre personne, plus intuitive, plus réactive, plus geek… et après je serais peut-être plus humaine…

Droguée à l’information, il n’y avait pas meilleur moyen d’assouvir ma soif d’information qu’Internet. Chaque jour, je plongeais un peu plus dans cette addiction.

J’avais l’habitude de m’informer sur le Figaro ou le Monde mais peu à peu je me suis tournée vers les blogs, des sources pas très réputées mais si intéressantes. Peut-être parce que je suis moi-même blogueuse ou parce que j’avais envie de lire mes amis mais ce genre de médias m’accrochait plus car les contenus étaient originaux et ne manquaient jamais. Je crois qu’on s’attache vite à la façon dont un blogueur traite l’information. On apprécie les angles de traitements aussi subtils qu’insolites. Et plus, on délecte, l’humour, la délicatesse, la passion, la fougue, la liberté, et quelque fois l’audace insensée avec lesquels les articles sont écrits.

Je ne le cache pas, la presse traditionnelle a besoin d’être renouvelé et à mon avis, la solution est sous nos yeux….

Bref, donc ça c’était moi ou devrais-je dire c’est moi.

Je l’avoue ! Maniaque sur l’organisation, ça n’a pas été facile de trouver de nouvelles occupations ce week-end. Je travaillais sur Internet, J’écoutais de la musique sur Internet, je lisais sur Internet, je jouais au scrabble sur internet,  je me détendais encore sur Internet alors le plus pénible a clairement été de faire tout ceci dans la vie réelle.

Ma sœur a elle-même trouvé que j’étais différente à m’emmerder toute la journée. Le troisième jour de la désintox, c’est-à-dire lundi férié, elle m’a elle-même proposé sa connexion Internet mais j’ai refusé.

Quand on est déconnecté, on est à terre, on se sent bizarre. On a l’impression de perdre le contrôle sur tout, de rater tout ce qui se passe dans un monde auquel on appartient. Mais le sentiment le plus présent, c’est l’impuissance face aux divers faits d’actualités auxquels on ne peut plus réagir, ce sentiment qui vous donne l’impression d’être démuni d’une puissance éphémère.

On s’informe  plus à la télévision ou à la radio, on essaye d’être quelqu’un d’autre, on change petit à petit et je peux vous assurer que c’est effrayant mais c’est le mieux pour nous.. Parce que le virtuel reste le virtuel et le réel, le réel.

Quoique je dise, ce week-end, ils m’ont terriblement manqué. Mes amis qui  sont sur Internet, Ceux-là qui m’écrivent par Skype, Facebook ou qui me mentionnent sur Twitter pendant des heures et avec qui je ne m’ennuie jamais.

Mais quand j’y pense, combien d’amis virtuels m’ont appelé une seule fois pendant ce week-end ? Combien m’ont envoyé un message ? Aucun. Je ne fais le procès de personne mais je pense que les deux mondes doivent être totalement séparés et avoir une part raisonnable dans une vie. L’un ne devait pas prendre le pas sur l’autre.

Et si ça devait devenir le cas, ce n’est pas à nous d’être responsables…

C’est peut-être pas mon truc de regarder Drop Dead Diva tout un après-midi ou de suivre une série sur TF1 le dimanche soir, ou encore de faire la sieste pendant 4h de temps mais j’ai au moins découvert que mon quartier était idéale pour le jogging les dimanches matins. J’ai pour la première fois eu une vraie conversation avec ma sœur. J’ai déjeuné paisiblement sans mon smartphone à côté.

Aujourd’hui je suis fière de moi, car j’ai réussi à rester déconnecté tout un week-end.

Je passerais probablement toute ma journée de mardi à remonter mon fil d’actualité Facebook ou Twitter pour être sûr de n’avoir rien raté.

Mais à ce stade, je suis sûr que cette désintoxication est certainement la première d’une longue série.

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Passionnée de journalisme, infojunkie, webaddict, abusivement panafricaine sur les bords et twitteuse folle;)

Sinathlafricaine addict / déconnecté / décroché / internet /

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