22 septembre 2012 - sinathlafricaine

La liberté d’expression est-elle menacée au Bénin?

Suite au bref passage de l’avocat et ex partisan du président, Me Lionel Agbo au commissariat central de Cotonou, on en vient à se demander à quoi riment toutes ses convocations d’hommes politiques au poste de police. En effet, le jeudi 26 avril dernier aux environs de 9 heures, Patrice Talon, parti libre de tous ses mouvements au commissariat central de Cotonou s’y est retrouvé garder à vue. Hier 21 septembre, ce fût le tour de l’ancien conseiller et ami du Chef de l’Etat de se soumettre aux interrogations du commissaire suite à des déclarations dites « diffamatoires ».  Après un interrogatoire plutôt vide, il a été relaxé quelques heures plus tard. Alors, si des propos d’un citoyen quant à la gouvernance nationale suffisent pour conduire ce dernier devant les instances judiciaires, où en est la liberté d’expression dans notre pays ? Le commissariat de police est-il juste devenu un lieu pour effrayer des auteurs de propos allant à l’encontre du gouvernement en place ?

Revenons un peu sur l’épisode Agbo qui a passionné les débats ces derniers jours…

Ce fût lors d’une conférence de presse que l’homme politique aguerri, qui a renoncé récemment à son poste de porte-parole du chef de l’État a passé au peigne fin, différents dossiers de l’actualité nationale.

Pour Me Lionel Agbo, une «grande» corruption gangrène l’entourage immédiat du Chef de l’Etat qui en est conscient. Il va plus loin en affirmant que le projet de «révision de la Constitution du 11 décembre 1990, n’est pas terminé». «Des gens sont dans l’ombre et travaillent pour le maintien du Chef de lEtat au pouvoir en 2016 par un mécanisme tronqué de révision de Constitution» a- t-il clamé.

Allégation vérifiée ou non, elles ne sont pas tombées dans les oreilles de sourd car ceci lui a valu une convocation judiciaire…

Les faits rappelés, essayons d’analyser la suite…

Me lionel Agbo a longtemps été conseil juridique du président, il n’est alors pas un néophyte en quête de reconnaissance. D’ailleurs, «l’homme à l’imagination fertile» n’a-t-il pas toujours été fort apprécié pour son intégrité et impartialité ? Ceci témoigne donc de la probable véracité de son discours.

Est-il allé trop loin ?

Je ne pense pas, car étant dans un Etat de droit la liberté d’expression et d’opinion fait partie des prérogatives fondamentales de tout citoyen pourvu que cela n’entache pas la paix.

En plus, nous avons assisté et nous assistons toujours dans les grandes démocraties à de virulentes critiques à l’égard du pouvoir en place mais cela n’en jamais entraîné des mesures aussi draconiennes. Nous pouvons donc nous interroger sur la liberté d’expression au Bénin qui du fait de ses agissements s’effrite dangereusement.

Par ailleurs, le Chef de l’Etat ne devrait-il pas s’attendre à ce type de réaction en proposant à son ancien opposant de devenir son conseil ? Ne devait –il pas craindre que ce dernier prenne connaissance de certaines tares de la république ?

Ou bien, il s’agit là d’un règlement de compte….

Nous ne saurons le dire mais une chose est certaine beaucoup ont sorti des livres pour traîner dans la boue d’anciens présidents. Mais ils n’ont jamais été victimes d’un tel traitement.

In fine,

Pour conserver la quiétude dans notre pays, dépassionnons les discussions! Et ne nous y trompons pas! Nul n’est parfait dans ce monde car le pays a besoin d’avancer, et dans cette ambiance de polémique au quotidien, ce serait quasi impossible.

Aussi, il urge de savoir que « Le silence est plus éloquent que n’importe quelle réponse. Outre qu’il nous honore, il nous fait l’économie d’une dispute » et comme le précise Jérôme Carlos, « Il y a un temps pour ne rien dire ; il y a un temps pour parler ; mais il n’y a pas un temps pour tout dire ».

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