9 mars 2013 - sinathlafricaine

Journée Internationale de la Femme : Tenants et aboutissants de la loi sur la parité au Bénin

Léontine Idohou

Léontine Idohou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Initiée en 1977 par les Nations Unies, la journée de la femme est célébrée tous les 08 mars dans le monde entier. Pour 2013, les Nations Unies ont choisi pour thème: « Une promesse est une promesse : il est temps de passer à l’action pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes ».

Depuis l’avènement du gouvernement actuel,  la journée internationale de la femme dispose d’un rayonnement particulier au Bénin.

Où en sommes-nous aujourd’hui au niveau de la promotion de la femme dans les institutions de la république ? Comment les femmes rurales sont-elles impliquées dans la valorisation des femmes béninoises ? Quelles sont les obstacles qui se posent au niveau de la promotion de la femme ? Quelles sont les réussites ? Comment apprécier cette célébration du 08 mars ?

Autant de questions que l’on doit se poser aujourd’hui. Pour y répondre, nous avons posé la question  à Madame Idohou LéonTine, Présidente de Rifonga Bénin, un réseau qui vise un meilleur placement des femmes sur les listes électorales.

Nous lui avons donc demandé où est-ce qu’elle en était aujourd’hui par rapport au lobby sur l’adoption de la loi sur la parité ? Elle nous a répondu qu’au niveau du réseau, elles sont soumises à la volonté des députés parce que le rôle de ces derniers c’est de voter les textes. « Nous ne pouvons qu’apporter des amendements pour améliorer » a-t-elle ajoutée. Quant au lobby, Madame Idohou rassure sur l’engagement de Rifonga à poursuivre le plaidoyer à l’endroit de la société civile, des organisations mais aussi des partis politiques sur toute l’étendue du territoire. Car selon notre interlocutrice, les élections municipales de 2013 sont très importantes puisque c’est des élections à la base qui concerne tout le monde, hommes et femmes. Cependant, la présidente de Rifonga Bénin affirme ne pas être surprise par le report sine-die de la loi sur la parité par les parlementaires car au Bénin, toutes les lois ayant trait aux femmes sont difficilement acceptées.

Ensuite, à la question de savoir, comment les femmes rurales sont-elles impliquées dans la valorisation des femmes béninoises, Madame Léon-Tine répond que le réseau travaille dans les douze départements du pays et que le discours de son organisation ne s’adresse pas en priorité aux intellectuelles qui sont d’ailleurs très minoritaires.

Et puisqu’aucune œuvre humaine n’est très évidente et facile, le réseau Rifonga rencontre aussi des difficultés telles que l’insuffisance des moyens financiers pour permettre aux femmes de faire de belles campagnes électorales. « Ce n’est donc pas facile parce que certains hommes pensent que nous voulons leur arracher leur place. C’est de bonne guère parce qu’ils sont les premiers à élaborer des lois, même en notre nom alors  si aujourd’hui, nous décidons de prendre ce dont ils ont bénéficié depuis des années, ils ont raison de se plaindre alors que nous voulons juste travailler avec eux pour le développement. » a ajouté Madame Idohou à ce sujet.

Mais le réseau Rifonga sent quand même une certaine prise de conscience de la part des hommes qui commencent à être véritablement bousculé par des femmes compétentes et dynamiques.

Pour conclure cet entretien, nous avons demandé comment  Rifonga Bénin appréciait  cette célébration du 08 mars. Et la réponse est sans appel, pour la présidente, il ne s’agit aucunement d’une fête mais d’une journée de réflexion et de bilan sur les conditions de la femme et à travers les conditions de la femme, des enfants et des époux. « En ce qui me concerne, le 08 mars prochain, je demanderais au Chef de l’Etat qui nous a promis le 08 mars dernier de voter la loi sur la parité, pourquoi cette loi n’est pas votée alors qu’il dispose de la majorité au parlement » a-t-elle conclu.

In fine, nous pouvons dire que la femme occupe encore une place inférieure à l’homme dans la société béninoise. Beaucoup de choses restent à faire !

Nous noterons également que les femmes ne sont pas là pour prendre la place des hommes, ni pour leur faire la guerre, mais plutôt pour travailler à leur côtés pour qu’il y ait un développement harmonieux.

L’autre point important soulevé lors de cette interview c’est l’indignation de la présidente de Rifonga par rapport aux stéréotypes qui circulent sur les femmes car ce sont elles qui brassent des milliards au marché et s’occupent jour et nuit de leurs familles.

Finalement, il serait intéressant de voir les femmes à des postes de responsabilités car comme l’a dit Montaigne « Les femmes n’ont pas tort du tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles ».

 

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